Trop de médias sociaux nuit à la santé mentale des filles, selon une étude

Radio-Canada | Nouvelles

Plus de 90 % des adolescents utilisent Internet pour le réseautage social.
Photo : iStock / triloks

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Radio-Canada
Publié à 22 h 32

L’utilisation très fréquente des médias sociaux par les adolescentes peut compromettre leur santé mentale en réduisant leurs heures de sommeil et le temps qu’elles consacrent à l’exercice physique, et en augmentant leur exposition à la cyberintimidation.

C’est le constat établi par le Pr Russell Viner et ses collègues de l’Institut de la santé de l’enfant Great Ormond Street de l’University College de Londres, au Royaume-Uni, dont l’étude a porté sur près de 10 000 adolescents, filles et garçons, âgées de 13 à 16 ans suivis pendant trois ans entre 2013-2015.

Nos résultats laissent à penser que les médias sociaux en soi ne causent pas de dommages, mais que leur utilisation trop fréquente perturbe les activités qui ont un effet positif sur la santé mentale.
Russell Viner
Ainsi, les présents travaux ne montrent pas d’effets directs d’une surconsommation des médias sociaux sur le développement du cerveau, mais bien des effets « par ricochet ».

Les experts en santé publique s’inquiètent de plus en plus de l’impact des médias sociaux sur la santé mentale des jeunes.
Photo : iStock

À la lumière de leurs résultats, les auteurs estiment que davantage d’efforts devraient être déployés afin de réduire l’exposition des filles aux contenus nuisibles, mais aussi pour encourager de saines habitudes de vie, notamment dormir suffisamment et faire de l’exercice physique régulièrement.
L’impact des médias sociaux sur la santé mentale des garçons serait différent, précisent les auteurs, mais il n’a pas été révélé dans cette étude.
Le détail de ces travaux est publié dans le journal The Lancet Child & Adolescent Health (en anglais).

En détail
Les chercheurs ont analysé les informations recueillies lors de trois séries d’entretiens avec des adolescents de près de 1000 écoles britanniques, en 9e (13-14 ans), 10e (14-15 ans), et 11e année (15-16 ans).

Il s’agit de la première étude observationnelle visant à suivre l’utilisation des médias sociaux et la santé mentale au cours de l’adolescence, avec suffisamment de participants pour la rendre représentative de l’ensemble du Royaume-Uni.
À ces trois périodes de l’adolescence, les participants indiquaient la fréquence à laquelle ils consultaient les médias sociaux.
L’utilisation très fréquente des médias sociaux (Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat et WhatsApp) a été définie dans l’étude à au moins trois fois par jour.
Les auteurs notent qu’une des limites de l’enquête est qu’elle n’a pas tenu compte du temps passé par les adolescents sur les médias sociaux, mais uniquement du nombre de connexions.
Les données montrent quand même que lors du premier interview, 43 % des garçons et 51 % des filles utilisaient les médias sociaux plusieurs fois par jour. Au second, ce pourcentage était passé à 51 % et 68 % respectivement. Puis, au troisième, 69 % des garçons et 75 % des filles utilisaient les médias sociaux plusieurs fois par jour.
Chez les deux sexes, l’utilisation très fréquente des médias sociaux a été associée à une plus grande détresse psychologique. Par exemple, lors du deuxième rendez-vous, 28 % des filles qui utilisaient très fréquemment les médias sociaux ont signalé une détresse psychologique, comparativement à 20 % chez celles qui les utilisent seulement une fois par semaine ou moins. Cet effet n’était pas aussi évident chez les garçons.
Les auteurs ont constaté que pratiquement tous les effets sur le bien-être des filles étaient associés à la réduction du temps de sommeil, à une réduction de l’activité physique, et à l’exposition à la cyberintimidation.

L’impact des médias sociaux sur la santé mentale des garçons serait différent, mais n’a pas été révélé dans ces travaux.
Photo : iStock

En revanche, ces trois facteurs semblent expliquer seulement 12 % de l’impact de l’utilisation très fréquente des médias sociaux sur la détresse psychologique des garçons.
Selon les chercheurs, ces résultats laissent à penser que les médias sociaux n’ont pas les mêmes effets sur la santé mentale des garçons et des filles.

Les différences évidentes que nous avons découvertes entre les sexes pourraient simplement être attribuées au fait que les filles accèdent aux médias sociaux plus fréquemment que les garçons ou au fait que les filles avaient des niveaux plus élevés d’anxiété au départ.
Dasha Nicholls, coauteur des travaux
La cyberintimidation peut être plus répandue chez les filles, ou elle peut être plus étroitement associée au stress chez les filles que chez les garçons, estime Dasha Nicholls.
Quoi qu’il en soit, les auteurs de ces travaux estiment que d’autres recherches doivent être réalisées afin de mieux cerner les effets des médias sociaux sur les adolescents selon le sexe.

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