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Le blocus des voies ferrées, une « situation catastrophique pour les manufacturiers »

Radio-Canada | Nouvelles

Des membres des Mohawks de Tyendinaga bloquent les voies du Canadien National à Tyendinaga, en Ontario, en appui aux Wet’suwet’en qui s’opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

Les blocus ferroviaires de nombreuses communautés autochtones du pays en appui à la nation Wet’suwet’en, qui s’oppose au projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique, ont un effet « assez catastrophique pour les manufacturiers ».

C’est ce qu’a affirmé Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), en entrevue à RDI économie jeudi soir.

Le Canadien National a annoncé hier une interruption progressive de ses services dans l’est du Canada. Le transporteur a affirmé que cette décision pourrait entraîner sous peu des licenciements temporaires au sein de son personnel opérationnel dans l’est du Canada.

Avec plus de 400 trains annulés depuis la semaine dernière et de nouvelles manifestations qui ont eu lieu à des endroits stratégiques sur notre voie principale, nous avons décidé qu’une interruption progressive de nos opérations dans l’est du Canada était l’approche responsable à prendre pour la sécurité de nos employés et des manifestants, a affirmé Jean-Jacques Ruest, président-directeur général du CN.

On parle de 4600 wagons par jour qui transportent des marchandises partout au Canada. Ça touche tous les secteurs du manufacturier. On parle de gens dans l’agroalimentaire comme Danone, ou de gens comme l’entreprise Pelican Sport, qui fabrique des kayaks à Laval. Ces entreprises sont non seulement incapables d’expédier leurs produits, mais elles sont dans l’impossibilité de s’approvisionner, a expliqué Véronique Proulx.

L’économiste en chef du Conference Board du Canada, Pedro Antunes, a souligné à quel point la chaîne d’approvisionnement des entreprises s’est resserrée au cours des dernières années. C’est du just in time [juste à temps]. La logistique autour du transport est très développée. Y a des industries qui souffrent déjà du blocus, a-t-il indiqué.

D’ailleurs, Véronique Proulx a donné l’exemple d’un membre des MEQ, qui possède des usines en Ontario et aux États-Unis. Il considère la possibilité de fermer ses usines aux États-Unis parce qu’il n’arrive plus à s’approvisionner au Canada, a-t-elle illustré. Cette entreprise doit fermer des lignes de production.

La PDG a également donné l’exemple de Danone. Elle a des yogourts pris dans des wagons en direction de l’Ouest canadien. Il y a une date d’expiration sur ces yogourts. La situation pourrait également se répercuter en rupture de stock sur les tablettes des épiceries de cette région du pays, a-t-elle illustré.

Pedro Antunes est économiste en chef du Conference Board du Canada.

Pedro Antunes est économiste en chef du Conference Board du Canada.

Photo : Radio-Canada

Une deuxième interruption en quelques mois

Pedro Antunes estime que les effets des blocus actuels sur l’économie canadienne dépendront de la durée de l’impasse.

L’économiste du Conference Board du Canada a rappelé que le pays vit une deuxième interruption des services ferroviaires en quelques mois. En novembre dernier, une grève des chefs, agents de train et agents de triage du CN avait duré une semaine.

L’importance du secteur ferroviaire dans l’économie canadienne est indéniable. La moitié des exportations canadiennes sont acheminées par train. Seulement au CN, la valeur des marchandises transportées atteint 250 milliards de dollars par an.

Véronique Proulx a rappelé que les effets des blocus dépassent le cadre du secteur ferroviaire. L’ensemble de l’industrie du transport est touchée. Plusieurs entreprises cherchent des alternatives. Elles vont tenter d’utiliser des camions pour transporter leurs marchandises.

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