La francophonie ontarienne réclame une aide d’urgence pour sauver ses organismes

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OTTAWA – Confrontées à une chute de leurs revenus et des besoins à la hausse dans la communauté, de nombreuses organisations sans but lucratif (OSBL) se heurtent aux critères restrictifs des aides gouvernementales. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) demande aux gouvernements ontarien et fédéral de collaborer à la création d’un fonds de stabilisation.

« Depuis mars, les organismes font plus avec moins. Beaucoup sont au bord de la faillite. Si on commence à les voir disparaître, c’est la porte ouverte à l’assimilation en Ontario », alerte Carol Jolin, président de l’organisation porte-parole des Franco-Ontariens.

Il demande à la province une aide immédiate aux organismes sans but lucratif, via un fonds dédié, ainsi que des mesures de soutien pour les employeurs et employés. Et d’exhorter le gouvernement fédéral à adapter les critères de subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) à la réalité des OSBL.

Un sondage, lancé par son organisation et Ontario Non Profit Network (ONN), révèle que ces structures ont essuyé des pertes colossales depuis le début de la pandémie de COVID-19 : près de 90 millions de dollars pour les seuls 1 100 répondants. 23 % s’attendent à ce que la situation empire, particulièrement dans le domaine du sport et des arts.

Un organisme sur trois a dû procéder à des mises à pied de personnel à temps plein et plus d’un sur deux a perdu des bénévoles, alors que dans le même temps, les attentes de la communauté se sont amplifiées. Quelque 59 % ont vu leurs revenus chuter tandis que 35 % ont vu leurs dépenses augmenter et ont dû puiser dans leurs fonds de réserve pour y faire face.

« Je ne suis pas certain que les gouvernements aient une bonne compréhension de la situation des OBNL, a déploré M. Jolin, en conférence de presse. « Toutes ces organisations contribuent à l’économie de la province et il faut les aider à les remettre sur pied. Il en va de la pérennité de la francophonie. »

Trois quarts des organismes sans soutien provincial

Le sondage – qui cumule les données des structures francophones, anglophones et bilingues – indique, de surcroît, que trois organisations sur quatre n’ont pas bénéficié des mesures annoncées par la province pour soutenir le secteur, et deux sur trois n’ont pas eu droit à l’allègement fiscal annoncé.

« De toutes les mesures qui ont été mises en place, le seul fonds auquel on a eu accès est le fonds pour l’appui salarial. Pour tous les autres, on est disqualifié », rapporte Sylvia Bernard.

Pour sortir de cette situation délicate, la directrice de la Clé d’la Baie croit qu’il faut en passer par la création d’un comité consultatif, seul à même capable de garantir que les fonds répondent aux besoins.

La Clé d’la Baie offre des services aux 30 000 francophones du comté de Simcoe en matière de garde d’enfants, de santé, d’emploi, de formation et de culture mais « la pandémie a fait des ravages », affirme Mme Bernard, évoquant une perte de revenu de 350 000 $ en trois mois, ainsi que 32 mises à pied temporaires sur 60 employés.

« On passe 90 % de notre temps à gérer une crise financière et humaine, à réorganiser nos services et à renégocier à la baisse les contrats avec nos fournisseurs. »

L’Ontario compte près de 300 organisations sans but lucratif offrant des services en français. Un premier sondage effectué en mai dernier révélait qu’un tiers des organismes ne tiendraient pas six mois. Depuis, l’Ontario a renouvelé son enveloppe de 1 million de dollars via le Programme d’appui à la francophonie ontarienne et Ottawa a débloqué 4,5 millions de dollars d’aide. Ces deux montants ciblent les organismes mais aussi les entreprises.

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